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L'Iran dit avoir arrêté le chef d'un groupe d'exil basé en Californie

L'Iran a annoncé qu'il avait arrêté un chef d'un groupe d'opposition peu connu basé en Californie pour avoir prétendument planifié une attaque en 2008 contre une mosquée qui a tué 14 personnes et en a blessé plus de 200 autres.

Le ministère iranien du renseignement a également allégué que Jamshid Sharmahd de l'Assemblée du Royaume d'Iran avait planifié d'autres attaques autour de la République islamique au milieu des tensions accrues entre Téhéran et les États-Unis à la suite de l'effondrement de l'accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales.

On ignore encore comment M. Sharmahd, que l’Iran accusait d’être à la tête de l’aile militante du groupe d’opposition Tondar, a été détenu par des responsables du renseignement. Les demandes de commentaires envoyées par e-mail à l'Assemblée du Royaume d'Iran basée à Glendora n'ont pas reçu de réponse immédiate et le numéro de téléphone du groupe ne fonctionnait plus.


La télévision nationale iranienne a diffusé samedi un reportage sur l’arrestation de M. Sharmahd, le reliant à l’attentat à la bombe de 2008 contre la mosquée Hosseynieh Seyed al-Shohada à Chiraz. Il a également déclaré que son groupe était à l'origine d'un attentat à la bombe en 2010 contre le mausolée de l'ayatollah Ruhollah Khomeiny à Téhéran qui a blessé plusieurs personnes.

Le rapport alléguait également, sans fournir de preuves, que Tondar, ou «Thunder» en farsi, avait planifié des attaques contre un barrage et prévoyait d’utiliser des bombes au cyanure à la foire annuelle du livre de Téhéran.

La chaîne Telegram de la télévision d'État a publié une photo d'un M. Sharmahd les yeux bandés et a déclaré que c'était la première photo de lui depuis son arrestation par les forces du ministère des Renseignements.

L’Assemblée du Royaume d’Iran, connue en farsi sous le nom d’Anjoman-e Padeshahi-e Iran, et Tondar cherchent à restaurer la monarchie iranienne, qui a pris fin lorsque le Shah Mohammad Reza Pahlavi, mortellement malade, a fui le pays en 1979 juste avant sa révolution islamique. Le fondateur du groupe a disparu au milieu des années 2000.

Les autorités n'ont pas précisé comment elles avaient appréhendé M. Sharmahd, bien que les agents des services de renseignement iraniens dans le passé aient utilisé des membres de la famille et d'autres astuces pour ramener des cibles en Iran ou dans des pays amis pour être capturés. Un fonctionnaire présumé du gouvernement iranien qui aurait tenté d'engager un tueur à gages pour tuer M. Sharmahd a disparu en 2010 avant d'être jugé en Californie, probablement revenu en Iran.

Bien qu'éclipsé par d'autres groupes d'opposition en exil, l'Iran aurait évoqué l'Assemblée du Royaume à plusieurs reprises lors de la négociation des termes de l'accord de 2015, qui a vu Téhéran limiter son enrichissement en uranium en échange de la levée des sanctions économiques.

Un communiqué attribué à Tondar a revendiqué l'assassinat d'un scientifique nucléaire iranien en 2010 par une bombe télécommandée, bien qu'il ait déclaré plus tard qu'il n'était pas responsable. Israël est depuis longtemps soupçonné d’une série d’assassinats visant des scientifiques au milieu des inquiétudes concernant le programme nucléaire iranien, dont l’Occident craint qu’il ne soit utilisé pour développer une bombe nucléaire. L'Iran maintient depuis longtemps son programme à des fins pacifiques.

L'arrestation annoncée de M. Sharmahd intervient alors que les tensions restent exacerbées par la décision de Donald Trump en 2018 de retirer unilatéralement l'Amérique de l'accord nucléaire. Une série d'incidents de l'année dernière ont été couronnés par une frappe de drones américains en janvier tuant un général iranien de haut niveau à Bagdad. L'Iran a répondu en lançant une attaque de missiles balistiques contre des soldats américains en Irak qui en a blessé des dizaines.

AP

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